SYMBIOSE

« ASSOCIATION INTIME ET DURABLE ENTRE DEUX ORGANISMES VIVANTS

APPARTENANT À DES ESPÈCES DIFFÉRENTES »

note d'intention

ABDELWAHEB SEFSAF

METTEUR EN SCÈNE, COMÉDIEN, CHANTEUR

 

 

     « J’ai découvert Daniel Kawka un soir de concert à l’Opéra Théâtre de Saint Etienne. Il dirigeait l’Ensemble Orchestral Contemporain dans un répertoire où se rencontraient des compositeurs que, pour la plupart, je ne connaissais pas. Malgré ma totale méconnaissance de la musique contemporaine, j’étais tenu en haleine par la performance technique, autant que par les mélodies improbables, fruits d’une déconstruction méthodique. Il se dégageait de chacune des pièces une impalpable énergie et une étonnante fraîcheur. Le chaud et le froid intimement liés. Un concert comme une fête, ou plutôt comme une noce où l’on célèbre, où l’on marie jour et nuit, douceur et éclat. J’ai compris ce jour là à quel point un spectateur peut être acteur de ce qu’il est venu écouter. Je ressortais de ce théâtre, qui fut autrefois une « Maison de la Culture », en me rappelant le mot de Malraux, « Il y a des œuvres qui font passer le temps, et d’autres qui expliquent le temps ». 

Daniel Kawka fait partie de ces musiciens de grand talent qui ne connaissent pas le sentiment de satiété. Il ne craint ni le vide, ni l’inconnu, pour satisfaire son appétit d’artiste. Comme lui, j’ai faim de nouveaux espaces, comme lui, ma soif de formes nouvelles n’a d’égal que mon besoin d’inattendu. Aujourd’hui, fidèle à son esprit d’ouverture, il propose à l’artiste que je suis, comédien formé à l’école de la Comédie de Saint-Etienne et musicien autodidacte, une rencontre avec OSE, l’orchestre symphonique qu’il dirige. 

 

Il y a quelques années de cela, avec le groupe Dezoriental, j’ambitionnais la rencontre entre la musique orientale de mon enfance et le rock de mon adolescence. Aujourd’hui avec le groupe Aligator, nous continuons à tracer ce sillon.

A l’occasion du projet « SYMBIOSE »,  Daniel me laisse toute liberté de création, de mise en espace et de mise en texte, pour dessiner les contours d’une arche poétique, qui enjambe Jean louis Florentz, Mounir Anastaz, Bella Bartok, et le rock ethnique du groupe Aligator ; pour créer un objet unique et vibrant porté par un récit transversal, un concert symphonique et Ethique où le verbe chante.

J’ai choisi, pour mener à bien ce projet, de convoquer la parole de quelques uns des plus grands poètes de la Méditerranée. Souvent habités par une musique contestataire, les poètes méditerranéens sont reliés par une même réalité, celle d’une mer qui porte en elle le berceau de nos identités culturelles, philosophiques et religieuses.  La Méditerranée comme chambre d’écho au mal de notre siècle. Une vingtaine de pays, où s’écrivent et se parlent une quinzaine de langues. Un parcours qui chemine le long des rives, pour nous faire entendre les poètes de Grèce, de Turquie, de Syrie, d’Israël ,de Palestine, d’Egypte, de Tunisie, d’Algérie, d’Espagne, d’Italie, de France…

Il ne s’agit pas de prétendre à une unité entre chacune de ces identités, mais simplement de dire une parole poétique chargée de sens et de musique, tantôt désenchantée, tantôt enivrée d’espoir ; de faire entendre la voix des poètes qui nous révèlent la réalité et l’espace dans lequel nous vivons.

 

Pour cela, je souhaite investir le champ du théâtre et questionner la mise en espace, pour permettre à un acteur chantant, de cheminer à l’intérieur même de l’orchestre. Il ne s’agira pas d’un exercice de face à face ou d’une rencontre en périphérie d’un ensemble impénétrable, mais plutôt d’une symbiose, d’un corps à corps de  l’intérieur. Je souhaite que l’on expérimente, que l’on déconstruise que l’on détisse, que l’on métisse, que l’on improvise, que l’on invente. Autant d’envies qui ne peuvent s’envisager qu’avec la complicité d’un grand chef, qui ne craint « ni le vide ni l’inconnu ».

DANIEL KAWKA

DIRECTEUR ARTISTIQUE 

 

     « La rencontre avec Abdel Sefsaf remonte à un concert live mémorable de Dezoriental auquel j’eus le plaisir d’assister, emporté par l’élan sonore et poétique du groupe. Rencontre d’un univers métissé porté par une voix expressive et rocailleuse, puissante et enveloppante qui me rappelais l’engagement d’un Brel, d’un Ferré dans cette urgence de dire, d’être, de communiquer la poésie des mots dans l’ivresse grisante des sons. J’eus maintes occasions d’imaginer et diriger ces programmes de concerts entre extrême orient et occident. Mais unir Abdel et ses musiciens jouant sur des instruments traditionnels à l’orchestre symphonique devenait autrement plus tentant que toute expérience antérieure, gage d’une promesse expressive et qualitative rare, d’une rencontre intime et explosive de deux univers qui se cherchent et se trouvent, pour un public à toucher et émouvoir. Abdel Sefsaf faisait de son côté le même chemin, fasciné par la palete des timbres de l’orchestre symphonique, hanté peut être par la possibilité d’un imaginaire, vaste, décuplé, embrassant les rives du bassin méditerranéen. 

Comment faire se rencontrer sur une même scène et exprimer en sons universels la toute puissance et la beauté d’un « chant intérieur » ethnique ou exotique, l’émotion qu’il égrène, et sa parure symphonique savante ? La vivacité naturelle et improvisée de la mélodie populaire et universelle, celle de la pulsation, du rythme originel, et de la métrique symphonique ample et codifiée? Comment faire se rencontrer des mondes qui marchent en parallèle et trouver la plus belle unité qui soit, tissant des imaginaires musicaux complices et qui se pensaient inconciliables ? 

Par une symbiose nécessaire, rencontre entre art populaire et savant, tissage et métissage. Cinq œuvres symphoniques épouseront l’imaginaire d’Abdel Sefsaf, tour à tout chanteur, comédien, interprète, puisant dans ses propres sources ataviques, sa ressource de créateur. Le laisser maitre du jeu, s’emparer de ces deux œuvres symphoniques, mêler à la puissance évocatrice des mots la force émotionnelle d’une voix qui pourra « courir » entre les œuvres, les « dire » quant elles se jouent, les enjamber, les recréer. 
 

Ainsi d’une création originale et de deux versants symphoniques naitra un spectacle sonore, plastique, instru- mental et vocal à la fois, ou l’expérience des œuvres se vit aussi à travers la lecture poétique du chanteur, une attitude, un geste, une sollicitation à sentir de l’intérieur, à parcourir une musique fluente, une histoire, une poésie des sons. 

 

Ainsi Ose dans ce désir de donner à entendre les œuvres du répertoire de manière radicalement différente a- t-il trouvé en la personnalité et le talent d’Abdel Sefsaf le compositeur, l’interprète, le poète idéal, celui dont l’imaginaire et la voix relieront pour un soir musiciens et spectateurs dans une symbiose étonnante, rythmée et heureuse ». 

création

DÉCEMBRE 2016

JANVIER 2017

 

 

 

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